Pierre-Yves Ginet
 Photojournaliste
Népalaises dans l’étau, entre les maoïstes et l’armée du roi
 
Dans une salle de classe du village de Goldanda, réquisitionnée à cette occasion, les dirigeants de la section locale du parti maoïste, ici à la tribune, ont réuni les paysans de leur « circonscription » et attendent les retardataires. Ne sont a priori présents dans l’assistance que les sympathisants. Mais la pression est tellement forte qu’il est difficile de savoir qui dans cet auditoire est réellement volontaire et qui est contraint. Il convient également de souligner que nombre de ces sympathisants ont été victimes, directes ou indirectes, des violences de l’armée régulière et que tous souffrent de l’absence totale d’infrastructures minimales dans le district (à titre d’exemple, il n’y avait pas la moindre route dans tout le district, jusqu’à un passé récent).
Ces réunions obligatoires sont très régulières dans les régions dominées par la rébellion maoïste. Et si les femmes représentent 70% de la population adulte, elles ne sont que quelques-unes perdues dans l’assistance. Aucune parmi les orateurs. Les autres travaillent.
Ce sont ces cadres de niveau modeste du parti, alignés ici à la tribune, qui font « régner l’ordre » dans la région, la population n’ayant que de très rares contacts avec « l’armée de libération du peuple ». Ils vivent de l’aide – souvent forcée – fournie par les villageois. Et dans la région, ce sont les femmes qui supportent de fait l’essentiel de cette charge.
Novembre - Décembre 2005 - Rukum - Népal.
© Pierre-Yves GINET
 
Référence : Nepal-2005-005
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